Vapeurs d'acrylates et solvants — risque chimique majeur (onglerie + soins)
Méthacrylates de méthyle / éthyle (MMA / EMA) en pose résine, acétone et acétonitrile en démaquillage ongles, monomères acryliques en gel UV, formaldéhyde libre dans certains durcisseurs, parfums et conservateurs cosmétiques (méthylisothiazolinone, parabens). Ce sont les premiers responsables des dermatoses allergiques de contact et des asthmes professionnels en esthétique. Le tableau MP 65 (régime général) reconnaît explicitement les eczémas allergiques aux résines acrylates de l'onglerie. Mesures : ventilation par aspiration à la source à chaque poste de pose (Article R.4222-12), gants nitrile en double couche pour la pose résine (le latex est perméable aux acrylates), bannir le MMA (interdit en pose ongulaire en France depuis 2003), FDS de chaque produit accessible aux salariés (R.4624-2). L'ED 5045 INRS détaille la classification CLP des cosmétiques et la conduite à tenir.
Source : INRS ED 5045 + ED 6322 + Tableau MP 65
Dermatoses allergiques et irritatives — première cause de MP en esthétique
Eczémas de contact aux acrylates (onglerie), aux conservateurs cosmétiques (méthylisothiazolinone, formaldéhyde), aux parfums (Limonene, Linalool, Citral), aux teintures capillaires en mixte coiffure-esthétique. Le contact répété avec l'eau, les détergents et les produits dégraisseurs aggrave la barrière cutanée. Les mains des esthéticiennes et prothésistes ongulaires connaissent un fort taux de pathologies cutanées en cours de carrière. Le tableau MP 65 reconnaît explicitement ces affections. Mesures : crème barrière avant chaque vacation, séchage soigneux des mains après lavage, gants nitrile dès la moindre rougeur, examen médical à l'embauche par la médecine du travail, déclaration MP dès le premier eczéma chronique pour traçabilité.
Source : INRS ED 6322 + Tableau MP 65
Troubles musculo-squelettiques (TMS) — postures + gestes répétitifs
Posture penchée prolongée sur tables de soin (épilation, massage corps, maquillage permanent), gestes répétitifs et minutieux en pose ongulaire et extension de cils (jusqu'à 200 cils posés un par un sur une séance), pression répétée des pouces en massage relaxant ou drainage lymphatique. Les TMS représentent ~88 % des MP tous secteurs (CNAMTS 2024, +6,6 % en 2024). En esthétique, ils touchent prioritairement la nuque-épaule (penché soin visage), le poignet (manucure) et le rachis lombaire (massage corps). Le tableau MP 57 reconnaît les tendinopathies de l'épaule, du coude et du poignet. Mesures : fauteuils de soin réglables en hauteur, sièges selle pour le praticien, alternance des postes (pas plus de 2 séances longues consécutives), pauses 5 min entre chaque cliente, formation gestes & postures (financée par OPCO EP).
Source : INRS ED 6291 + Tableau MP 57
Brûlures thermiques — cire chaude, laser, UV, vapeur
Cire à épiler chauffée (entre 40 °C et 55 °C selon technique), laser épilation (classe 4 : densité d'énergie suffisante pour brûler le derme en cas de mauvais réglage), cabines UV (érythèmes solaires graves possibles), pierres chaudes en massage, vapeur du steamer en nettoyage de peau. La brûlure laser est l'incident principal en centre d'épilation laser, souvent lié à un mauvais réglage de la fluence pour le phototype client ou à un défaut de refroidissement cutané. Mesures : thermomètre dans chaque chauffe-cire, test sur poignet du praticien avant application, formation pratique obligatoire opérateur laser (arrêté 6 avril 2021), procédure écrite de réglage par phototype (échelle Fitzpatrick), gel refroidisseur ou cryo-spray à disposition, kit premiers secours brûlures à proximité immédiate.
Source : INRS ED 6490 + Décret 2020-1495
Risques laser et IPL — réglementation depuis 2020
Le décret n° 2020-1495 du 2 décembre 2020 encadre l'utilisation à finalité esthétique des appareils émettant un rayonnement laser et de la lumière pulsée intense (IPL). Il impose : autorisation préfectorale d'exploiter, formation pratique des opérateurs (arrêté du 6 avril 2021 — module théorique + stage pratique), tenue d'un registre des interventions, signalisation lumineuse de la cabine en activité. Risques : brûlure cutanée (laser classe 4 fluence > 5 J/cm²), lésion oculaire irréversible (rétine) en absence de lunettes filtrantes adaptées à la longueur d'onde, photosensibilité résiduelle 24-48 h. Mesures : lunettes de protection laser conformes EN 207 pour praticien ET cliente (longueur d'onde et OD adaptés), porte verrouillée avec voyant lumineux pendant la séance, nettoyage poils calcinés en fin de séance (vapeurs irritantes), maintenance préventive annuelle de l'appareil par le fabricant.
Source : Décret 2020-1495 + Arrêté 6 avril 2021 + INRS ED 6071
Cabines de bronzage — rayonnement cancérogène certain
Les rayonnements ultraviolets émis par les appareils de bronzage sont classés cancérogènes certains pour l'humain (IARC groupe 1, 2009). Le décret n° 2014-66 du 30 janvier 2014 encadre strictement leur exploitation : déclaration préfectorale (Cerfa 15205), visite médicale annuelle obligatoire de l'exploitant, formation 7 heures des opérateurs, interdiction d'accès aux mineurs (sanction 7 500 €), affichage des dangers, contrôle technique annuel des appareils, registre de maintenance. Risques pour les salariés : exposition directe lors du nettoyage cabines, exposition oculaire aux UV émis (cataracte, kératite). Mesures : lunettes de protection UV pour le nettoyage cabine, gants pour manipulation lampes UV (matériau cassant + mercure), interdiction de tester soi-même la cabine en dehors du protocole, suivi médical renforcé annuel de l'exploitant (article R.4624-23 — risque cancérogène).
Source : Décret 2014-66 + IARC 2009