Le risque routier est-il vraiment la 1re cause de mortalité au travail ?
Oui. Selon les statistiques CNAMTS 2023, environ 32 % des décès liés à un accident du travail relèvent du risque routier (mission + trajet confondus). C'est la première cause de mortalité professionnelle en France, devant les chutes de hauteur (17 %).
Quelle différence entre accident de mission et accident de trajet ?
L'accident de mission survient pendant un déplacement professionnel (visite client, livraison, formation). Il est assimilé à un accident du travail. L'accident de trajet survient sur le parcours normal entre le domicile et le lieu de travail, ou entre le lieu de travail et le lieu habituel de repas. Les deux ouvrent droit à indemnisation, mais leur traitement juridique diffère.
Le DUERP doit-il intégrer le risque routier même pour des bureaux ?
Oui, dès qu'un salarié est amené à se déplacer dans le cadre professionnel (RDV externes, courses, formations), même occasionnellement. La fiche INRS ED 6147 invite à évaluer la fréquence, le kilométrage annuel et l'état du parc utilisé.
Téléphoner au volant est-il interdit même en kit mains-libres ?
Tenir un téléphone à la main est interdit (article R.412-6-1 du code de la route, 135 € + 3 points). Le kit mains-libres reste autorisé, mais l'INRS recommande dans son ED 6147 de proscrire toute communication non urgente au volant : la charge cognitive multiplie le risque d'accident par 3 à 4.
L'employeur doit-il fournir un véhicule conforme ?
Si le véhicule appartient à l'entreprise, l'employeur est responsable de son entretien (contrôle technique, pneus, freins). Si le salarié utilise son véhicule personnel pour des missions, une convention écrite et une vérification régulière de l'état du véhicule sont recommandées par la CNAM (recommandation R.452).
Quelles sanctions en cas d'accident lié à un véhicule mal entretenu ?
L'employeur peut voir sa responsabilité engagée pour faute inexcusable (articles L.452-1 à L.452-5 du Code de la sécurité sociale). Les conséquences : majoration de la rente versée à la victime, indemnisation des préjudices personnels, et amende possible si infraction au Code du travail.
Faut-il former les conducteurs salariés ?
La formation à la conduite préventive n'est pas obligatoire de manière générale, mais elle est imposée pour les véhicules lourds (FIMO/FCO transport routier). Pour les VL, la recommandation CNAM R.452 préconise une sensibilisation périodique, notamment pour les commerciaux à fort kilométrage.
La fatigue au volant est-elle un risque professionnel évaluable ?
Oui. La fatigue intervient dans 15 à 20 % des accidents mortels selon la Sécurité routière. Le DUERP doit évaluer les amplitudes de conduite, les départs nocturnes, et la pression temporelle imposée aux salariés. Un planning trop tendu est un facteur de risque organisationnel.
Que faire après un accident de mission impliquant un salarié ?
Déclarer l'accident dans les 48 h à la CPAM (formulaire CERFA), documenter les circonstances (témoins, photos, relevé de gendarmerie), conserver les éléments pour l'enquête CHSCT/CSE le cas échéant. Mettre à jour le DUERP si l'accident révèle un risque non identifié.
Le risque routier concerne-t-il les livreurs à vélo ou trottinette ?
Oui. Les déplacements à vélo, trottinette ou cyclomoteur dans le cadre professionnel (livraison restauration, coursiers) sont couverts par la même obligation d'évaluation. INRS ED 6147 inclut explicitement les deux-roues. Casque, vêtements visibles et entretien du matériel doivent figurer au plan d'actions.